En vue de la Cinquième Conférence Ministérielle Euro-Africaine sur la Migration et le Développement, le Processus de Rabat a convoqué une réunion des Fonctionnaires de Haut Niveau (SOM) à Accra pour valider le nouveau projet de programme de coopération pluriannuel 2018-2020, qui sera ensuite adopté au niveau ministériel en 2018. La SOM, qui était accueillie par la République du Ghana et présidée par le Royaume de Belgique, a marqué un jalon dans le processus de consultation qui a été lancé plus tôt cette année, afin de soutenir le développement du nouveau cadre stratégique, qui remplacera le Programme de Rome en 2018.

L'objectif principal de cette réunion de deux jours était de discuter et d'approuver les projets de Déclaration Politique et de Plan d'Action qui composent le nouveau programme de coopération pluriannuel. Comme l'a rappelé l'Ambassadeur Michel Lastschenko, Envoyé Spécial pour la Migration et l'Asile et représentant du Royaume de Belgique lors de la cérémonie d'ouverture: “Les textes répondent aux mêmes objectifs que le Plan d’Action de la Valette, et s’inscrivent dans une même volonté de mieux comprendre les causes profondes de la migration, de mieux assurer la protection des migrants et des demandeurs d’asile, de favoriser la mobilité et la migration légale, y compris les mesures permettant le retour, la réadmission et la réintégration, de prévenir la migration irrégulière, le trafic des migrants et la traite des êtres humains et de lutter contre ces phénomènes.” 

En ce qui concerne ces défis, Son Excellence M. William Hanna, Ambassadeur de l'Union Européenne au Ghana, a déclaré qu'ils ne pourraient:

"(...) être traités efficacement qu’en coopération avec les pays d'origine, de transit et de destination dans l'esprit de partenariat, de responsabilité partagée et de solidarité. Ce sont les principes fondateurs du Processus de Rabat (...)."

Il a en outre ajouté que: "Cela nécessite une réponse politique soigneusement conçue, équilibrée et durable (et) l'implication de toutes les parties prenantes dans le processus, y compris les États, la société civile, les médias, les autorités locales et le secteur privé, ainsi que la diaspora, les migrants et leurs familles."

Les intervenants à la cérémonie d'ouverture ont également rappelé aux participants la dimension humaine de la migration et de “(...) ne jamais oublier, malgré nos responsabilités nationales, que la sécurité de nos États, de nos frontières, ne peut jamais l’emporter sur la sécurité et la dignité des migrants, quels qu’ils soient.”, comme M. Lastschenko l'a déclaré, et M. Hanna a souligné dans sa déclaration:

“La question n'est pas de savoir comment on peut ‘arrêter’ la migration. La question est de savoir comment elle peut être mieux gérée."

Outre les représentants des pays partenaires et des organisations internationales, deux organisations de la société civile (la Commission Internationale Catholique pour les Migrations, et l'Observatoire Ouest-Africain des Migrations) ont assisté à la SOM en qualité d'observateurs. Leur invitation constitue un développement remarquable puisque, auparavant, la société civile n'avait été invitée à participer qu'à des réunions techniques du Processus de Rabat et non pas de haut niveau ou politiques.

Alors que l'ordre du jour de la première journée portait principalement sur l'examen du projet de Déclaration Politique, le deuxième jour était entièrement consacré à l'examen du projet de Plan d'Action et, en particulier, de sa mise en œuvre et de la valeur ajoutée du Processus de Rabat en tant que plateforme régionale d’échange.

Cinq groupes de travail parallèles ont permis aux participants d'examiner en détail toutes les questions en jeu. Chaque groupe de travail s’est concentré sur l'un des cinq domaines du Plan d'Action Conjointe de La Valette 2015, qui sera également reflété dans le futur programme de coopération du Processus de Rabat:

  • Avantages des migrations en termes de développement et lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées;
  • Migration légale et mobilité;
  • Protection et asile;
  • Prévenir la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes;
  • Retour, Réadmission et Réintégration.

Dans chaque groupe de travail, un pays partenaire Africain et un pays partenaire Européen ont été invité à partager une étude de cas ou un cas de réussite; cela a été suivi de discussions approfondies.

Le nouveau programme de coopération pluriannuel tiendra compte des nouvelles réalités des défis migratoires et reflétera le rôle évolutif du Processus de Rabat en tant que dialogue régional sur les migrations et sa responsabilité de surveiller la mise en œuvre du Plan d'Action Conjoint de La Valette. À cette fin, et compte tenu du court délai de mise en œuvre, le futur programme de coopération pluriannuel accordera une attention particulière à la définition d'objectifs réalistes et réalisables qui valorisent le cadre intergouvernemental existant, et s’inscrivent dans les spécificités du Processus de Rabat en tant que forum Euro-Africain pour un dialogue et une coopération équilibrés.

La réunion s'est achevée par l'approbation du projet de Déclaration Politique et du Plan d'Action, prêts à être officiellement adoptés lors de la cinquième Conférence ministérielle qui se tiendra à la mi-2018. 

 

Le Secrétariat Processus de Rabat

Les informations en provenance de Libreville ne sont pas des meilleures ces derniers temps pour nos compatriotes qui y vivent. En moins de deux mois, deux d’entre eux ont été retrouvés morts, dans des circonstances non encore élucidées.

 

Mercredi 13 septembre 2017, prison centrale de Libreville au Gabon. Jean Paulin Koudougou Nikièma, un Burkinabè vivant au pays d’Oumar Bongo est retrouvé mort dans sa cellule. Si la version officielle, dans un premier temps a privilégié la piste de la mort naturelle, cette assurance a été relativisée par les fins limiers. Pendant que le dossier Nikièma suit encore son cours, le mauvais sort est revenu à la charge.

Lundi 23 octobre 2017, une autre nouvelle dans le même registre : Inoussa Guéné a été retrouvé mort à son poste. Dans des circonstances tout aussi troublantes. Sur sa page Facebook, Clément Somé le délégué du Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Extérieur (CSBE) au Gabon décrit la scène...du crime : “C’est le patron de la société qui est arrivé vers 07h30 le lundi 23 et voyant que le portail de la société est toujours fermé ce qui est inhabituel, demande au premier employé arrivé juste après lui de prendre le mûr pour voir ce qui se passe à l’intérieur de la concession puisque le gardien ne répond même pas au téléphone. Et c’est là qu’il découvre le corps sans vie du gardien Guéné Inoussa accroché à la grille d’une des fenêtres du bâtiment à l’aide d’une courroie de transmission d’un engin.”

Et certains de ses compatriotes de parler “d’assassinat maquillé en suicide”. Après les enquêtes préliminaires de police, les résultats du médecin légiste suggéreront la même piste : “la mort est survenue suite à une asphyxie et non une pendaison”. Inoussa Guéné a été inhumé le 24 octobre, alors que les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore connues.

Saura t-on un jour la vérité sur ces drames à répétition ? D’ores et déjà, M. Somé annonce que comme dans le dossier Nikièma, une plainte sera déposée contre X, afin que les auteurs de cet autre meurtre soient punis conformément à la loi.

Lefaso.net

 

Le jeudi 09 septembre 2017 à Ouagadougou, un atelier d’appropriation de la Stratégie Nationale de Migration (SNMig) et de son Plan d’Action a été organisé au bénéfice des acteurs intervenant dans le domaine de la migration au Burkina Faso.

L’atelier a été un cadre d’échanges pour une meilleure appropriation des documents ci-dessous cités mais également pour l’élaboration du Plan de travail 2018 de la SNMig.

L’atelier qui a été organisé par la Direction Générale de l’Économie et de la Planification (DGEP) du Ministère chargé des Finances, a été présidé par Monsieur le Directeur des Politiques des Populations en l’absence du Secrétaire Général du Ministère, empêché.

Le présent compte rendu porte sur le déroulement des travaux de même que sur quelques observations et suggestions.

 

  • Déroulement des travaux

Il a porté sur deux points à savoir les présentations de la SNMig et de son Plan d’ Action et aussi du projet de plan de travail 2018.

1-1-Présentation de la SNMig et de son Plan d’Action

S’agissant de la présentation de la SNMig et de son Plan d’Action, le Directeur des Politiques de Population est revenu sur son processus d’élaboration, qui a débuté en 2002. Il a certes été long, mais cela a permis d’avoir un document de qualité.

Par ailleurs, il a insisté sur le contexte et la justification de la SNMig. En effet, les migrations interne et internationale sont des réalités au Burkina Faso. Elles ont contribué à structurer notre société. Dans un tel contexte, il était opportun de mettre en place une stratégie qui est un document de référence en matière de migration au profit de l’ensemble des acteurs.

En outre, il a insisté sur les fondements de la SNMig. En effet au plan international comme au plan national, la SNMig tire son existence de l’ensemble des textes auxquels notre pays est partie.

Le présentateur a conclu son intervention sur la vision de la stratégie qui porte entre autres sur la protection et la garantie des droits des migrants, sur la contribution des migrants au développement du Burkina Faso.

 

1-2- Examen du projet de plan de travail

Les échanges ont porté sur les (05) axes stratégies qui structurent la SNMig. Il s’agit :

  • Axe 1 : Renforcement de la complémentarité entre villes et campagnes et entre les différentes régions ;
  • Axe 2 : Protection et garantie des droits des migrants ;
  • Axe 3 : Migrations internationales et réduction de la pauvreté ;
  • Axe 4 : Réalisation d’études et recherches sur les migrations ;
  • Axe 5 : Renforcement des capacités nationales de coordination des questions de migration.

Le montant global pour la réalisation de la SNMig à l’horizon 2025 est de 10.291.226.254 F CFA.

En ce qui concerne l’année 2018, le montant total s’élève à 781.698.415 F CFA. Les sources de financement sont l’État, les Partenaires Techniques et Financiers, les Collectivités Locales et la Société Civile.

Au cours des interventions, les participants ont pu apprécier la pertinence des activités qui ont été programmées et les résultats attendus.  Chacun en ce qui le concerne s’est engagé à réaliser les activités dévolues à sa structure, toute chose qui contribuera à la mise en œuvre effective de la SNMig.

  • Observation et suggestions

L’atelier a permis aux participants de s’approprier les grandes orientations de la SNMig et de son Plan d’Action.

Les participants ont pu identifier les activités qui seront inscrites dans le plan de travail 2018 de la SNMig.

Par ailleurs, il sera mis en place un cadre d’échanges entre les différents acteurs clés chargés de la gestion des migrations au Burkina Faso.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la SNMig, le SP/CSBE est responsable de l’actualisation et de la reproduction de 1.000 exemplaires du Guide des Burkinabè de l’étranger. Il faut souligner que le Guide existe déjà sur le site web de la diaspora.

Mais, jusqu’à présent il n’existe pas de programmation financière pour la reproduction du Guide dans la mesure où, les représentants du SP/CSBE aux différentes réunions n’ont jamais fait une proposition dans ce sens. La programmation serait une bonne chose pour le SP/CSBE.

Si la programmation financière est faite mais au cas où la structure ne serait pas en mesure d’exécuter l’activité, le Comité de coordination de la SNMig a pris l’engagement de solliciter l’appui des partenaires.

GUIGUENDE MOUMINI

Etats Unis: Un Burkinabè en détention pour enlèvement et attouchement inapproprié sur une femme.

La nouvelle est tombée fait couler beaucoup d’encre dans la presse à Pittsburgh, ville située à l’ouest de l’Etat de pennsylvanie.

Selon les informations diffusées par la chaîne de télévision WPXI, la victime a commandé un taxi et s’est trompée pour entrer dans le taxi de Soumana Dao qui est affilié à la même compagnie mais, il n’était pas en service. Selon la police de la localité Soumana aurait répondu à l’affirmatif quand la femme lui ait demandé si il était le taxi qu’elle a commandé. C’est une fois dans la voiture que la femme aurait remarqué que le conducteur prenait une autre direction qui n’était pas celle qu’elle a indiqué.

Une fois à domicile, Soumana Dao selon la même source policière aurait touché la femme de manière inappropriée et c’est suite à ses cris de détresse qu’un voisin à alerté la police.

Une enquête a été ouverte et le procès est prévu pour le 25 octobre prochain. La compagnie de taxi a retiré Soumana de la liste de ses chauffeurs.

Nous vous reviendrons sur cette affaire dans les jours à venir avec plus d’informations.

NB: Cela fera le 2ème Burkinabè accusé de telles pratiques.

Burkina Actu & Mag

Visite du Président du Faso à Genève : Les Burkinabè de la Suisse veulent apporter leurs pierres à la construction de l’édifice national
C’était une première pour la communauté burkinabè vivant en Suisse d’être reçue par le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE le dimanche 15 octobre 2017 pour des échanges directs. La rencontre s’est focalisée sur les développements de l’actualité nationale. 
Les Burkinabè vivant en Suisse ont fait résonner les instruments de musique traditionnelle du pays sur les bords du Lac Léman pour accueillir le Président du Faso. Ils sont venus de plusieurs régions de la Confédération helvétique pour échanger avec le Président du Faso. Vivant loin de la terre natale, nos compatriotes de la Suisse ne sont pas moins connectés aux réalités du pays. Face au chef de l’Etat, ils ont donné leur lecture de l’évolution de l’actualité nationale, en mettant en exergue leurs préoccupations liées aux questions de justice pour les dossiers du putsch manqué, des assassinats politiques et des crimes économiques. Les compatriotes vivant en Suisse ont également voulu être rassurés par le chef de l’Etat sur les questions de sécurité alimentaire et de l’accès à la formation professionnelle pour créer plus d’emplois au profit des jeunes. Ils ont souhaité de la part du gouvernement burkinabè, des efforts pour maîtriser l’inflation dans les transactions immobilières. Par la voix de Monsieur Désiré DABIRE, Secrétaire exécutif de l’Association des Burkinabè de la Suisse, ils ont interpellé le gouvernement sur les défis sécuritaires qui selon eux freinent l’élan de certains investisseurs. 
Le Président Roch Marc Christian KABORE a tenu à rassurer les Burkinabè vivant en Suisse sur les dispositions prises par le Gouvernement pour garantir la sécurité à l’intérieur du pays. Il a aussi évoqué les dispositions prises au niveau sous régional pour limiter les déplacements des terroristes le long de nos frontières. Sur les questions de la cohésion nationale, le Président du Faso a fait remarquer que « sans la vérité et la justice, la réconciliation est un vain mot ». Pour aller vers cette réconciliation tant souhaitée, le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale (HCRUN) épluche plus de 5000 dossiers liés aux crimes économiques et politiques, aux crimes de sang, a fait savoir le Président du Faso. Il a aussi signalé l’ouverture des grands dossiers pendants par la justice qui poursuit ses travaux en toute indépendance. 
Pour consolider les bases de notre démocratie, le Président Roch Marc Christian KABORE a mentionné les réformes politiques et institutionnelles engagées de manière participative en vue d’équilibrer les pouvoirs. Il a invité la diaspora à s’impliquer à la construction de la mère patrie et à respecter les lois de leur pays d’accueil. Il a particulièrement invité les hommes d’affaires burkinabè vivant en Suisse à accompagner la mise en œuvre du Plan national de Développement économique et social (PNDES). 
La diaspora burkinabè en Suisse est estimée à environ 500 personnes. Elle compte des étudiants, des fonctionnaires internationaux, des travailleurs immigrés et des promoteurs culturels. 
La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

Séjour du Président du Faso au Sénégal : Echanges à bâtons rompus avec les Burkinabè du Sénégal

Le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, s’est entretenu avec ses compatriotes résidant à Dakar, en fin d’après-midi du 14 octobre 2017 à la résidence de l’Ambassadeur du Burkina au Sénégal.
Le mot introductif à cette rencontre a été fait par Madame Aline KOALA, Ambassadeur du Burkina Faso auprès de la République du Sénégal. Elle a rappelé que c’est la seconde fois que le Président Roch Marc Christian KABORE dégage de son temps pour s’entretenir avec ses compatriotes du Sénégal après la rencontre de juin 2016. 
Madame KOALA a profité de l’occasion pour faire le bilan des relations entre le Sénégal et le Burkina, caractérisées notamment par la bonne entente, les liens forts existant entre les deux chefs d’Etat et des relations diplomatiques exemplaires dont le point d’orgue est la présente visite d’amitié et de travail du Président du Faso. 
Parlant des Burkinabè du Sénégal, Madame l’Ambassadeur a dit au chef de l’Etat qu’il peut être fier de ses compatriotes du Sénégal qui sont organisés soit en associations, en amicales, en unions, etc. et qui mènent de multiples actions de solidarité et des activités culturelles et récréatives très prisées par eux-mêmes, voire par d’autres communautés étrangères.
Elle a clos son intervention en rappelant le projet de construction d’une ambassade dont le terrain est déjà acquis et la nécessité d’acquérir un autre terrain aux fins d’édifier la résidence.
Après l’Ambassadeur Aline KOALA, ont pris la parole tour à tour, le président de l’Association des étudiants burkinabè au Sénégal, Madame Augustine KIBA, la présidente de l’Union des femmes burkinabè au Sénégal, Monsieur TAhirou OUATTARA, le président de l’Union fraternelle des ressortissants burkinabè vivant au Sénégal, le secrétaire général de l’Association des scolaires du Burkina au Sénégal et enfin le doyen des Burkinabè vivant au Sénégal. 
Les attentats terroristes, l’opération 40 000 logements, les conditions d’études et de vie des étudiants, la disponibilité des compétences dont regorge la diaspora pour participer à l’œuvre de construction nationale ont été les thèmes clés de leurs interventions. Y figuraient aussi la participation de la diaspora aux activités politiques, notamment l’élection présidentielle de 2020, l’acquisition de documents administratifs, etc.
Le Président du Faso, avant que des réponses aux préoccupations spécifiques ne soient apportées soit par lui-même, soit par les membres du gouvernement, a fait à ses compatriotes du Sénégal, le point de la vie nationale au pays dont l’élément majeur est la problématique sécuritaire. Il leur a expliqué les desseins des terroristes, salué l’action quotidienne des Forces de Défense et de Sécurité et invité la diaspora à s’impliquer dans la lutte contre le terrorisme. Le chef de l’Etat a enfin rappelé la détermination des dirigeants à poursuivre l’œuvre inlassable de développement, nonobstant les coups de boutoir des ennemis du Burkina Faso.

DCPF et GUIGUENDE Moumini

Le problème semble aller plus vite que les propositions de solutions. Pendant que la communauté internationale rassemblée à Genève réaffirmait les valeurs fondamentales de solidarité et dressait des plans pour assurer la protection des personnes contraintes à l’exil, le flux de réfugiés ne faisait que gagner en ampleur. Morceaux choisis du discours de Filippo Grandi :

« En seulement cinq semaines, un demi-million de réfugiés Rohingya ont fui les violences terrifiantes au Myanmar, après avoir subi pendant des décennies l’érosion progressive de leurs droits. Et pendant que ces Rohingya traversaient la frontière pour se réfugier au Bangladesh, plus de 50 000 réfugiés fuyaient du Soudan du Sud, la promesse d’indépendance ayant été compromise et le pays vidé de ses populations. Par ailleurs, 18 000 personnes fuient de violents affrontements en République centrafricaine, malgré les premiers signes ayant donné à croire que le conflit était en train de s’apaiser. »

Et les exemples foisonnent, tous plus désolants les uns et les autres, sans que ne se dessine une véritable solution dans le court ou moyen terme, parce que « les crises en cours s’aggravent, et la quête de sécurité et de protection est devenue plus dangereuse pour bon nombre de réfugiés ».

Cet afflux croissant de réfugiés, signe extérieur d’un mal-être de l’humanité, est une conjonction de divers facteurs : Fracture, sociale, sous-développement et pauvreté, changement climatique et dégradation de l’environnement, inégalité et exclusion, mauvaise gouvernance et absence de gouvernance, faiblesse de l’État de droit, sont quelques unes des causes relevées par le Haut-commissaire Grandi. « Mais, a-t-il indiqué, les mouvements de réfugiés sont également la conséquence de la faiblesse de la coopération internationale ». Une situation exacerbée ces dernières années par des idéologies politiques détestables qui exploitent les peurs des populations, et c’est ainsi que naissent les réactions xénophobes et les diverses mesures de restriction à l’endroit des réfugiés.

Prévenir et arrêter les conflits

Le fait est que dans certaines contrées, les foules de réfugiés arrivent au sein de communautés très affectées par la pauvreté et le sous-développement, suscitant parfois des mouvements de rejet et partant, une détérioration constante des conditions de protection.

Une éventuelle solution au problème devra donc prendre en compte la suppression des causes. Cela inclut, entre autres mesures, un règlement politique durable des conflits, des investissements pour le développement, l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance.

« Sans une détermination commune à prévenir, arrêter et régler les conflits, le monde continuera à faire face à de nouveaux afflux de réfugiés et sera obligé de renforcer ses capacités pour y répondre », a affirmé Filippo Grandi.
La communauté internationale travaille à l’élaboration d’un Pacte mondial sur les réfugiés qui se veut un mécanisme de partage des responsabilités devant engager tous les États membres.

« Concrètement, le processus entraînera un appui plus prévisible aux pays et communautés d’accueil, davantage de places de réinstallation et d’autres voies légales d’admission dans des pays tiers, et un plus grand engagement dans la résolution des conflits (au niveau de leurs causes profondes) pour que le rapatriement volontaire devienne une option réelle et durable. Nous devons travailler ensemble sur tous ces éléments, avec la même détermination », a indiqué le Haut-commissaire. Il a invité les pays membres à investir dans l’éducation, les moyens d’existence et le développement des compétences.

« L’éducation, a affirmé Filippo Grandi, est une question particulièrement urgente. Seulement six enfants réfugiés sur 10 fréquentent l’école primaire, contre neuf enfants sur 10 dans le monde. Refuser l’éducation aux enfants réfugiés c’est refuser un avenir à leur pays ».

L’éducation des enfants, mais aussi l’intégration des réfugiés. Sauf que pour les pays d’accueil en Afrique ou l’on enregistre près de 20 millions de personnes déplacées, les ressources se font rares. Dans une déclaration commune adressée à la 68è session du Comité exécutif, le Groupe africain a indiqué que « les efforts humanitaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire nécessitent un soutien renforcé dès à présent. En effet, la région africaine doit faire face à des diminutions alarmantes des rations alimentaires qui engendrent de sérieux problèmes de santé et de malnutrition dans les camps de réfugiés ».

Des réfugiés parfaitement intégrés au Burkina

Le Burkina Faso qui accueille 33 500 réfugiés sur son territoire partage cette préoccupation du Groupe africain mais demande surtout le soutien des partenaires au développement pour renforcer la sécurité des camps de réfugiés dans une région qui fait l’objet d’attaques répétées depuis 2016. L’une de ces attaques a même ciblé le camp de réfugiés de Mentao le 22 septembre dernier.

« Ces nouveaux développements devraient être considérés avec une attention particulière. Ils posent avec acuité la question sécuritaire dans la région d’accueil des réfugiés », a affirmé la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, chargée de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Rita Solange Agneketom / Bogoré, dans sa déclaration à l’assemblée le 3 octobre dernier.

Des attaques qui, selon la ministre ont entraîné un déplacement important des populations autochtones, compromettant ainsi les efforts du gouvernement dans la gestion et l’intégration harmonieuse des réfugiés.

« Ces réfugiés des camps et hors camps, explique t-elle, bénéficient de la protection et vivent en parfaite harmonie avec les communautés d’accueil. Mille trois cent cinquante (1350) enfants réfugiés sont scolarisés dans les écoles des camps qui accueillent également d’autres enfants de la région. Il faut également noter que les communautés d’accueil bénéficient des soins de santé dans les dispensaires destinés au camp de réfugiés et ont également accès à l’eau potable ».

Ces attaques, selon elle, mettent également à rude épreuve la mise en place, dans la région, de solutions durables à la problématique des réfugiés et des personnes déplacées à travers une planification inclusive du développement. Notamment leur prise en compte dans le processus de développement du pays, à travers notamment le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) et le Programme d’Urgence pour le Sahel (PUS).

Il y a néanmoins des raisons d’espérer. L’humanité doit se donner les moyens de construire la paix et la stabilité à long terme et pour cela, le Haut-commissaire aux réfugiés de l’ONU compte sur la restauration d’une vision de la coopération internationale fondée sur les valeurs, pour que le « désespoir de millions d’hommes, de femmes et d’enfants chassés de leur maison et contraints à une vie pleine d’incertitudes, ne constitue plus une tache dans notre conscience collective ».

Mathieu Bonkoungou
Ambassade Mission permanente du Burkina à Genève

L’Association des Burkinabè de New York (ABNY) a procédé ce dimanche 7 mai 2017 au renouvellement de son bureau exécutif. Au départ, une seule équipe avait présentée sa candidature et comme il fallait s’y attendre elle tout simplement a été plébiscité au soir du vote. Et c’est Tommy Régis ZONGO qui doit désormais présider à la destinée des Burkinabè de New York.

C’est à la 598e GRAND CONCOURSDE dans le Bronx que les Burkinabè vivant dans l’Etat de New York ont installé leur bureau de vote ce dimanche 7 mai 2017. Etant donné que l’équipe constituée par Tommy Régis Zongo n’avait pas de concurrent l’enjeu de cette élection était le taux de participation. C’est donc tout  naturellement que cette équipe qui a été constituée par consensus a été plébiscitée. Au dépouillent, moins 15% de l’estimation des Burkinabè de cette contrée ont pris part au scrutin, selon le président du comité d’organisation Etienne Saoura.

L’équipe dont le mandat a été validé promet de travailler pour le rassemblement des fils et filles du pays des hommes intègres vivant dans cette partie du monde.

Pour son premier responsable Tommy Régis Zongo il va : ‘’ Dans un premier temps c’est de travailler à conscientiser et à responsabiliser notre communauté. Secundo, de travailler a une cohésion sociale, une cohésion communautaire, a une unification des différentes couches qui pour certaines mésententes, pour certaines futilités font observer une discordance". Il place son mandat sous le signe de la cohésion et l’unité.

Pharmacien de son état à New York, et jeune entrepreneur dans son pays le Burkina Faso, Tommy Régis Zongo vit aux Etats Unis depuis 20 ans. Il remplace à la tête de l’ABNY Issiffou Ouédraogo pour un mandat de 2 ans.

Victor Bassolé

Burkina Demain

Le président de l’Association des Burkinabè de New York  (ABNY), Tommy Zongo, est au pays. Un séjour qu’il met à profit pour voir les siens, mais aussi pour préparer la « nuit du Faso dan fani » chez l’Oncle Sam. Dans cet entretien, le pharmacien parle des difficultés d’intégration des Burkinabè aux Etats-Unis d’Amérique.
 
Sidwaya (S.) : Votre association organise « la nuit du Faso dan fani » et une journée en hommage à la femme à New York. Quel est l’état des préparatifs à un mois de l’évènement ?   
 
 
Tommy Zongo (T. Z.) : La nuit du « Faso dan fani » est organisée spécialement pour rendre hommage à la femme. Le « Faso danfani » est notre repère culturel, notre identité nationale. Comme on le dit, toute civilisation a une identité culturelle. Nous nous identifions à ce tissu, qui est une richesse incommensurable. C’est à nous de le porter très haut.
Les préparatifs vont bon train. Je suis à Ouagadougou pour d’autres circonstances, mais j’ai profité pour établir les derniers contacts, pour mettre les derniers  rouages en place au niveau artistique et organisationnel pour la réussite de  cet évènement.
Coté New York, nous avons trouvé une salle de spectacles qui peut contenir plus de 500 personnes. C’est un lieu approprié, un cadre idéal et sécurisé qui peut recevoir nos autorités.
 
 
S. : Quel sera le menu de cette soirée ?
 
 
T. Z. : Au cours de la journée, il y aura un ensemble d’activités visant à rendre hommage à la femme, une rue marchande.
Les participants viennent de partout. A New York, toute la communauté burkinabè est mobilisée. Dans les autres Etats où vivent les Burkinabè, c’est la même détermination. Des artistes locaux burkinabè qui résident à New York prendront part à la fête. Ils seront accompagnés par ceux qui viendront du pays. Nous avons invité des artistes modernes mais aussi traditionnels.
 
 
S. : Comment se porte l’association des Burkinabè de New York? 
 
 
T. Z. En ce moment, l’association se porte bien. Actuellement, nous travaillons en fonction de ce qui nous a été assigné dans le cahier des charges par la communauté. Nous sommes en train d’évoluer positivement  conformément au plan d’actions que nous avons établi tout au cours des deux années que dure notre mandat.
 
 
S. : Vous venez d’accéder à la tête de l’Association. Nouveau président, nouveaux défis, dit-on. Quels sont vos nouveaux chantiers ? 
 
 
T. Z. : Le défi que nous nous sommes assignés bien avant de prendre les rênes de l’Association, c’est d’unir tous les Burkinabè. Parce qu’il y avait quelques divergences entre nous. Mais nous sommes sur la bonne voie pour nous unir et assurer une cohésion parfaite entre tous les Burkinabè. 
 
 
S. : Comment se passe l’intégration des nouveaux Burkinabè aux Etats-Unis ? 
 
 
T. Z. : Dans notre plan d’action, nous sommes en train de travailler pour l’accueil des nouveaux Burkinabè. Quand les gens arrivent, ils intègrent de façon disparate et anarchique le système américain. 
En ce moment, nous avons 10 compatriotes en prison et une quinzaine de cas de folie. Cela est lié spécialement à la pression, au stress. Nous avons d’autres qui sont en psychiatrie, certains en voie d’être rapatriés. Les cas de rapatriement sont dus aux habitudes, aux règles et aux lois dont il faut être en conformité parfaite. Les USA sont un pays de droit. Par exemple, le seul fait de boire de l’alcool dehors, uriner dehors, peut conduire à la prison. Nous avons inclus ce volet dans notre plan d’actions. 
Il s’agira d’établir une base de données qui servira à recenser les nouveaux venus, à leur donner des instructions sur le mode de vie. A cet effet, nous avons contacté des avocats de l’immigration, pour accompagner nos compatriotes qui éventuellement se sont retrouvés dans ces cas malheureux.
L’objectif premier de notre l’association, est de réunir, d’unir, d’assurer la cohésion et de défendre les intérêts de nos membres, leur venir en aide dans les cas heureux ou malheureux.
 
S. : Certains Burkinabè à l’image de Aboubacar Fofana ont perdu la vie dans des incidents assez troublants…
 
 
T. Z. : Le cas de Fofana, c’est vraiment malheureux. Je saisis l’occasion pour réitérer mes condoléances à la famille éplorée. Mais, il faut dire que l’intégration des immigrants est très importante dans le processus d’adaptation. Si on arrive dans un pays d’accueil, on  veut ressembler aux autochtones, il faut prendre les bons côtés.  Si on veut se croire Américain, on veut entrer dans le système sans suivre le processus normal, on ne peut que avoir des situations comme celle-là.
 
 
Propos recueillis par Djakaridia SIRIBIE 
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